Conor Gallagher en train de boire dans une bouteille SiS pendant un match à domicile

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Pourquoi tes temps au sprint baissent dans les 10 dernières minutes

Les explications scientifiques derrière la perte de vitesse en fin de course révèlent exactement ce dont ton corps vient à manquer en premier.

Les jambes, ça reste des jambes. Les poumons brûlent, mais ça reste gérable. Et pourtant, l’ailier qui tournait à 9,2 secondes sur 40 mètres en première mi-temps en fait désormais 9,8, puis 10,1, et prend ses décisions avec un demi-temps de retard. Rien ne semble vraiment catastrophique, mais tout est légèrement décalé. C’est dans cet écart, entre ce que ressent l’athlète et ses performances réelles, que la vitesse en fin de match va se perdre.

La baisse de performance au sprint, c'est un problème d'alimentation, pas de condition physique

La baisse de performance au sprint pendant les dix dernières minutes d'un match n'est pas avant tout un problème de condition physique. Les athlètes de haut niveau ont la base aérobie nécessaire pour tenir les quatre-vingt-dix minutes. Ce qui leur manque souvent, c'est la précision dans l'apport énergétique pour maintenir une puissance explosive quand l'effort cumulé du match a épuisé les substrats musculaires qui alimentent les efforts courts et intenses.

Le sprint repose presque entièrement sur la phosphocréatine et les voies glycolytiques rapides. Ces systèmes sont rapides, puissants et ont une capacité limitée. Chaque effort intenseau cours d’un match les sollicite, et même s’ils se reconstituent en partie pendant les phases moins intenses, cette reconstitution n’est jamais totale. Quand on arrive au dernier quart-temps d’un match, les réserves disponibles pour un sprint maximal sont nettement plus faibles qu’au coup d’envoi. L’athlète peut toujours courir. Mais il ne peut plus courir vite.

La diminution des réserves de glycogène transforme un déclin progressif en une réaction en chaîne

Le glycogène musculaire aggrave le problème. À mesure que les réserves de glycogène dans les muscles sollicités s'épuisent au cours d'un match, la capacité du corps à resynthétiser rapidement la phosphocréatine entre deux efforts ralentit. Ces deux systèmes sont liés. Quand le glycogène est bas, la récupération entre les sprints prend plus de temps, et la puissance maximale disponible pour l'effort suivant diminue. C'est pour ça que la baisse de performance au sprint a tendance à s'accélérer plutôt qu'à se stabiliser ; ce n'est pas un déclin linéaire, mais une cascade, et ça devient souvent visible justement pendant ces dix dernières minutes, quand l'épuisement cumulé atteint un seuil.

Un cerveau fatigué retarde la décision de sprinter avant même que le corps ne bouge

Il y a aussi une dimension cognitive, et elle est sous-estimée. Le cortex préfrontal est très gourmand en énergie. La prise de décision, la perception spatiale, l’analyse du jeu, tout ça consomme du glucose. Quand le taux de glucose dans le sang baisse et que le cerveau est fatigué, les athlètes ne se contentent pas de bouger plus lentement ; ils lancent leurs mouvements plus tard. La décision de sprinter arrive une fraction de seconde après ce qu’elle devrait, et cette fraction de seconde, c’est la différence entre récupérer le ballon et le voir passer.

Les glucides présents dans la bouche envoient un signal au cerveau avant même que la digestion ne commence

Rien de tout ça n’est inévitable. Les athlètes qui gardent leur capacité de sprint jusqu’à la fin des matchs ont souvent quelques points communs. Leur chargement en glucides avant le match est mûrement réfléchi plutôt qu’une simple habitude ; ils arrivent au coup d’envoi avec des réserves de glycogène pleines, plutôt qu’avec ce qu’ils ont trouvé dans le frigo la veille au soir. Ils profitent de la mi-temps non seulement pour se reposer, mais aussi pour faire le plein de glucides, sachant que la deuxième mi-temps est en fait un tout nouveau défi métabolique. Et ils gèrent leur équilibre hydrique et électrolytique tout au long du match, car même une légère déshydratation réduit sensiblement les performances à haute intensité.

Les glucides pris pendant le match, qu’ils proviennent d’un gel, d’une boisson ou d’un bonbon à mâcher, jouent ici un rôle spécifique qui va au-delà du simple réapprovisionnement en énergie. Les glucides présents dans la bouche activent des récepteurs qui envoient un signal au cerveau avant même que la digestion n’ait commencé, ce qui réduit la perception de l’effort et aide à maintenir la performance motrice. C’est pourquoi les sportifs qui consomment des glucides pendant le match disent souvent se sentir plus vifs, et pas seulement moins fatigués.

La vitesse en fin de match, ça se travaille dans les heures qui précèdent le coup d'envoi, pas pendant la pré-saison

C’est pendant les dix dernières minutes d’un match de compétition que tout se joue. Les entraîneurs le savent. Les joueurs le savent. Mais le savoir ne change rien à la physiologie. Ce qui change la physiologie, c’est la préparation des vingt-quatre heures avant le match, les choix faits à la mi-temps et la discipline nécessaire pour se ravitailler pendant le match plutôt que d’attendre d’être complètement à plat.

La vitesse en fin de match, ce n'est pas une adaptation physique qu'on acquiert pendant la pré-saison. C'est le résultat d'une bonne alimentation dans les heures qui précèdent et pendant le match lui-même.

Foire aux questions

Qu'est-ce que ça veut dire : « La baisse de performance au sprint, c'est un problème d'alimentation, pas un problème de condition physique » ?

La baisse de rythme dans les dix dernières minutes d'un match n'est pas avant tout un problème de condition physique. Les athlètes de haut niveau ont la base aérobie nécessaire pour tenir les quatre-vingt-dix minutes.

Ça veut dire quoi : « L'épuisement du glycogène transforme un déclin progressif en une cascade » ?

Au fur et à mesure que les réserves de glycogène dans les muscles sollicités s'épuisent pendant un match, la capacité du corps à resynthétiser rapidement la phosphocréatine entre deux efforts diminue. Ces deux systèmes sont liés.

Ça veut dire quoi : « Un cerveau fatigué retarde la décision de sprinter avant même que le corps ne bouge » ?

Il y a aussi une dimension cognitive, et on ne la prend pas assez en compte. Le cortex préfrontal est très gourmand en énergie.

Qu'est-ce que ça veut dire : « Les glucides présents dans la bouche envoient un signal au cerveau avant même que la digestion ne commence » ?

Les athlètes qui parviennent à conserver leur capacité de sprint jusqu’à la fin des matchs ont souvent quelques points communs. Leur chargement en glucides avant le match est mûrement réfléchi plutôt qu’une simple habitude ; ils arrivent au coup d’envoi avec des réserves de glycogène pleines, plutôt qu’avec ce qu’ils ont trouvé dans le frigo la veille au soir.

Comment je peux mettre ça en pratique pour améliorer mes performances au sprint et gérer mieux la fatigue ?

Considère l'alimentation comme un élément à part entière de ta préparation, et non comme un détail secondaire. La science n'est utile que si tu l'appliques de manière cohérente : organise-toi en fonction de tes entraînements et de tes compétitions, mange avant même d'en ressentir le besoin, et évalue au fil du temps ce qui te convient le mieux. Science in Sport sont conçus pour te permettre de mettre en place facilement une alimentation fondée sur des données scientifiques, afin que tu sois bien préparé et que tu puisses donner le meilleur de toi-même en toute confiance.

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