Un athlète en train de boire un café en plein air, concentré avant une séance d'entraînement

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L'équipe SiS

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La caféine est l'aide ergogénique la plus étudiée dans le domaine du sport, et les preuves de son efficacité sont plus solides que pour presque tout le reste. 

La caféine est l'aide ergogénique la plus étudiée en sciences du sport, et après des décennies de recherche, la conclusion est d'une clarté rare : ça marche.

Pas dans le sens vague utilisé par l'industrie des compléments alimentaires, qui parle de « soutenir les performances ». Mais de manière mesurable et reproductible dans un large éventail de contextes sportifs : endurance, force, sports d'équipe, fonctions cognitives en situation de fatigue. Les mécanismes sont bien compris, les doses efficaces sont établies, et les applications pratiques sont suffisamment simples pour que la plupart des sportifs puissent les mettre en œuvre dès demain sans rien changer d'autre à leur alimentation.

Alors pourquoi tant de sportifs continuent-ils à mal s'en servir ?

La caféine agit parce qu'elle cible directement le signal de fatigue émis par le cerveau

L'effet ergogénique de la caféine vient surtout de son rôle d'antagoniste des récepteurs de l'adénosine. L'adénosine s'accumule dans le cerveau quand on est éveillé et provoque la sensation de fatigue. La caféine bloque ces récepteurs, ce qui réduit la perception de l'effort et permet aux sportifs de maintenir un niveau d'effort plus élevé plus longtemps avant que la fatigue ne devienne un frein.

Il ne s'agit pas d'un effet stimulant au sens strict du terme. La caféine ne génère pas d'énergie, elle retarde le signal qui te dit d'arrêter. Cette distinction est importante, car elle explique pourquoi la caféine est efficace dans un éventail aussi large d'efforts sportifs, qu'il s'agisse d'un contre-la-montre de 40 minutes, d'un match de sport d'équipe de 90 minutes ou d'une séance de musculation intense. Le signal de fatigue est universel. Tout comme le mécanisme qui l'atténue.

La plupart des sportifs en tirent déjà profit avant même que la séance ne commence

Une rangée de tasses à expresso vides alignées sur le plan de travail de la cuisine

La concentration plasmatique maximale est généralement atteinte environ 45 à 60 minutes après l'ingestion, c'est pourquoi le moment choisi est plus important que la plupart des sportifs ne le pensent. Prendre de la caféine dès que tu franchis la porte de la salle de sport, ou siroter un café pendant l'échauffement, signifie que la concentration de la substance est encore en train d'augmenter pour atteindre son pic d'efficacité alors que la partie la plus intense de la séance est déjà terminée.

La question de la dose est tout aussi précise. Des effets ont été démontrés à des doses aussi faibles que 2 à 3 mg par kilogramme de poids corporel, la plupart des études constatant une amélioration significative des performances dans la fourchette de 3 à 6 mg/kg. Au-delà de ça, les bénéfices supplémentaires ont tendance à stagner, tandis que les effets secondaires (anxiété, troubles gastro-intestinaux, troubles du sommeil) deviennent plus marqués. Pour un athlète de 75 kg, ça correspond à environ 225 à 450 mg, une fourchette qu’un bon complément pré-entraînement ou deux expressos peuvent facilement couvrir.

C'est au niveau des acquis cognitifs que les sportifs pratiquant un sport d'équipe laissent le plus de potentiel inexploité

C'est dans le domaine de l'endurance que les preuves scientifiques sont les plus solides. La caféine réduit systématiquement les temps réalisés lors des contre-la-montre et repousse le moment de l'épuisement en cyclisme, en course à pied et en aviron. L'ampleur de l'effet est modeste en termes absolus, souvent de quelques pour cent, mais en compétition, ces quelques pour cent font toute la différence entre monter sur le podium ou pas.

Pour les sportifs pratiquant des sports d'équipe, le tableau est tout aussi convaincant, et l'aspect cognitif est souvent sous-estimé. La fatigue affecte l’attention et la vitesse de traitement bien avant d’affecter les performances physiques. Il a été démontré que la caféine permet de maintenir la vitesse de sprint, la précision dans la prise de décision et l’agilité réactive pendant les dernières phases d’un effort intermittent prolongé, c’est-à-dire précisément au moment où les matchs se gagnent ou se perdent, et qu’elle combat simultanément la détérioration mentale et physique. La musculation présente une réponse plus variable, mais la plupart des études montrent des améliorations en termes de volume total et d’endurance musculaire, en particulier lors de mouvements composés effectués en état de fatigue accumulée.

Une utilisation quotidienne transforme un outil de performance en un produit d'entretien

Photo en noir et blanc d'un coureur qui garde une foulée assurée face à un soleil bas

La consommation quotidienne de caféine atténue son effet ergogénique. Les consommateurs habitués qui prennent de la caféine tous les matins rétablissent surtout leur niveau de base plutôt que de gagner en performance. Les résultats des recherches sont nuancés : certaines études suggèrent que l'effet ergogénique persiste même chez les utilisateurs habitués, mais ça vaut quand même le coup d'en tenir compte dans la pratique. Réserver les doses plus élevées pour les compétitions ou les séances d'entraînement clés, plutôt que de considérer la caféine comme un besoin quotidien, permet de préserver son efficacité.

Une courte période d’abstinence de trois à cinq jours suffit pour réduire considérablement la tolérance, même si les symptômes de sevrage (maux de tête, fatigue, baisse de concentration) sont bien réels et qu’il vaut mieux s’y préparer plutôt que de les ignorer.

La caféine renforce les effets d'une bonne préparation, mais elle ne peut pas la remplacer

La caféine ne remplace pas un sommeil suffisant, une bonne alimentation ou une bonne gestion de la charge d'entraînement. Bien utilisée, elle renforce une préparation déjà solide. Utilisée comme béquille pour compenser une mauvaise récupération, elle masque des problèmes qui finiront de toute façon par refaire surface.

Les études sont claires. Il suffit juste de mettre la même volonté que les sportifs mettent dans tout ce qu’ils font.

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