Par écrit L'équipe SiS 4 minPartager Même une perte de 2 % d'eau corporelle réduit sensiblement la vitesse, la force et la capacité à prendre des décisions ; ces chiffres sont plus alarmants que la plupart des sportifs ne le pensent. La plupart des sportifs savent qu’ils devraient boire davantage. Mais ils sont bien moins nombreux à comprendre ce qui se passe quand ils ne le font pas, non pas en termes vagues du genre « tu te sentiras fatigué », mais en termes précis et mesurables : comment la déshydratation réduit tes performances avant même que tu ne ressentes la moindre soif. La soif est un indicateur tardif. Au moment où ton cerveau la perçoit, ton corps fonctionne déjà dans des conditions moins optimales. Une perte de liquide équivalente à environ 2 % de la masse corporelle, soit environ 1,4 kg pour un sportif de 70 kg, est systématiquement associée à une baisse significative de la capacité aérobie, du temps de réaction et de l'endurance musculaire. Ce n'est pas un niveau de déshydratation catastrophique. C'est simplement une séance d'entraînement intense par temps chaud sans apport hydrique suffisant. Tes capacités d'endurance s'effondrent avant même que tu ne t'en rendes compte Les effets sur les performances ne sont pas les mêmes pour tous les types d’effort, ce qui explique en partie pourquoi on peut facilement mal les interpréter. Les performances d’endurance sont généralement les premières à en pâtir. Le débit cardiaque diminue à mesure que le volume sanguin baisse, ce qui signifie que le cœur doit battre plus vite pour fournir la même quantité d’oxygène aux muscles sollicités. L’effort perçu augmente. Un rythme qui semblait maîtrisé commence à devenir pénible, même si rien n’a changé dans la séance, à part ton état d’hydratation. C'est important parce que cette dégradation est invisible sur le moment. Tu ne te sens pas déshydraté, tu as juste l'impression de passer une mauvaise journée. Les sportifs attribuent souvent leurs mauvaises performances en endurance au manque de sommeil, au stress ou à la fatigue accumulée, alors que le vrai facteur, c'est leur état d'hydratation avant la séance. La musculation masque le problème… jusqu’à ce que ça ne marche plus Le travail de force et de puissance est plus résistant, jusqu'à un certain point. Les efforts courts et explosifs tiennent plutôt bien le coup en cas de légère déshydratation, ce qui amène certains athlètes à penser qu'ils ne sont pas affectés. Mais à mesure que les séances s'allongent, ou que les périodes de repos font monter la température, la situation change. La coordination neuromusculaire commence à faiblir. La prise de décision dans les sports d’équipe – analyser la ligne défensive, choisir le bon moment pour mettre la pression, décider quand lancer une passe – se dégrade d’une manière qui n’apparaît pas sur un GPS, mais qui se voit clairement dans les résultats. Le danger, c'est de se faire de fausses illusions. Comme les premières séries se passent bien, les sportifs en concluent que l'hydratation n'est pas un facteur limitant. Quand la baisse de performance devient évidente, la séance est déjà compromise depuis plus longtemps qu'ils ne le pensent. Boire de l'eau, ça ne suffit pas pour résoudre le problème La perte de liquide et la perte d'électrolytes ne sont pas le même problème, même si elles se produisent en même temps. La sueur contient du sodium, et le sodium est le principal électrolyte qui régule l'équilibre hydrique dans le corps. Quand le taux de sodium baisse, le signal qui pousse à retenir l'eau s'affaiblit. Tu peux boire de l'eau sans pour autant te réhydrater efficacement si le sodium n'est pas là pour favoriser l'absorption et la rétention. C'est une distinction essentielle que les conseils généraux sur l'hydratation ont tendance à négliger systématiquement. Le volume ingéré ne représente que la moitié de l'équation. C'est la composition du liquide qui détermine s'il reste vraiment là où il doit être. Les taux individuels de perte de sodium rendent les formules génériques inadaptées La concentration en sodium dans la sueur varie considérablement d’une personne à l’autre : certains sportifs perdent deux ou trois fois plus de sodium par litre de sueur que d’autres. Une boisson sportive standard, conçue à partir d’une valeur moyenne, conviendra parfaitement à certains sportifs, mais en laissera d’autres nettement sur leur faim. Le sportif qui termine une séance avec des résidus de sel sur sa tenue, qui a des crampes malgré ce qu’il boit, qui se sent à plat même quand son apport en glucides est bien géré… Ce sont souvent des signes de perte de sodium auxquelles les formules génériques ne répondent pas. Adapter son apport en électrolytes à la composition réelle de la sueur, c'est pas un détail. Pour les sportifs qui perdent beaucoup de sodium par la transpiration, ça peut faire la différence entre une séance qui améliore la condition physique et une qui ne fait que l'épuiser. En connaissant tes chiffres, l'hydratation devient une variable que tu peux contrôler En pratique, ça ne veut pas dire qu’il faut boire n’importe quoi. Ça veut dire qu’il faut boire en étant mieux informé. Connaître ton taux de transpiration approximatif, que tu peux estimer en te pesant avant et après une séance, te donne un objectif. Savoir si tu perds beaucoup ou peu de sodium te permet de choisir ce que tu mets dans ta gourde. Les sportifs qui s'entraînent dans des conditions variables sont confrontés à une complexité supplémentaire. La chaleur et l'humidité augmentent considérablement la transpiration. Une stratégie d'hydratation qui fonctionne bien pendant l'hiver britannique peut entraîner un déficit hydrique important chez ce même sportif lors d'un stage d'entraînement estival ou d'une compétition dans des climats plus chauds. Les chiffres de performance ne mentent pas, mais ils ne s'expliquent pas toujours d'eux-mêmes non plus. Une séance d'intervalles ratée, une deuxième partie de course en perte de vitesse, une séance de musculation qui stagne… La déshydratation est rarement la première chose que les athlètes prennent en compte. Elle devrait figurer plus haut dans la liste des causes possibles. Par écrit L'équipe SiS L'équipe SiS Fournir des connaissances de classe mondiale, des points de vue d'élite et des recommandations de produits pour fournir des solutions de performance optimales à tous les athlètes dans une grande variété de sports d'endurance. Plus d'articles de l'auteur